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.Narcoleptic .

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Il fait sombre à l'intérieur et ce n'est pas l'heure de la lumière qui tombe des étoiles. Alors je suis là. Tentant assidûment de noircir une page immaculée. Je suis toute seule avec la musique, nostalgique. Et je saisis enfin quelque chose. Je repensais à la vie d'il y a quelques années encore, pas très loin, mais suffisamment pour me sentir beaucoup trop pleine d'anciennes images. Et la musique est analogique. Ca ne colle pas. C'est une sensation étrange que de réintégrer son corps l'espace de quelques secondes, enfin, et j'étais ailleurs, j'ai oublié où j'étais, mais il y avait cette sonorité du présent, la musique qui me transperce tous les jours à cause du passé. En fait, ce n'était pas la musique qui me bouleversait tant avant, c'était la vie. Mon lien avec elle s'étrique. Il n'existe plus rien d'elle parce qu'elle nous a tous propulsés vers l'abîme, nous a abîmés, et ce qui aurait pu être mon dernier lien, le temps l'a transformé en une vision qui ressemble à mes cauchemars. Je ne reconnais même plus mes parents, au point que j'ai beau les avoir devant moi, je ne les vois pas et je continue de les chercher, le temps me les a pris. Je me sens orpheline. Et franchement je ne sais pas ce qui peut faire plus mal que ça. C'est le pire effet secondaire que j'aurais pu craindre. On peut bien revenir sans cesse au même point, sans cesse rechercher dans les plus profonds recoins, un peu de souvenirs, un peu de compréhension, ça ne mène nulle part. La conclusion à tout ça c'est la même depuis le début, quand on a tout enfoui, c'était juste déjà fini et on peut se torturer pour que tout nous revienne, ça fait juste mal et ça ne fera rien changer.
J'essaie encore d'écrire mais je ne parviens plus à lutter contre quoi que ce soit alors j'ai perdu quelque chose, une inspiration. C'est juste que ça ne me fait plus avancer, ça ne me tient plus en vie. J'ai trouvé autre chose. Et je voudrais juste pouvoir pleurer tout de suite avant d'être en colère, de me sentir dévastée et de vouloir que tout le soit, cesser de craindre le changement sans rupture nette. L'accumulation de choses importantes qu'on a laissé passer en croyant que ce n'était rien, et qui détruisent tout à force de perforer nos corps inanimés. Le pire c'est quand on ne sent rien. Quand on ne voit rien venir et que désormais, tout mouvement de défense sera vain. Qu'on ne contrôlera plus rien de notre putain d'existence, pas même la chute, qu'on n'avait même pas imaginé comme ça dans nos pires moments de vides. Je me sens à la fin, d'une histoire que j'aurais pu changer moi-même si j'avais été différente. Si j'avais su.
Je ne sais même plus à qui en vouloir. Il ne reste que moi, ma tête seule garde et me rend parfois mes souvenirs. J'ai presque peur d'apprendre de nouvelles choses, j'ai peur de tout oublier, j'ai peur que la vie nouvelle prenne le dessus. Alors j'ai peur tout le temps parce qu'elle m'entoure tout le temps, me fait sourire, me fait plaisir, et je me reconstruis peu à peu, je le crois, et ensuite il y a cette seconde qui arrive et tout bascule toujours soudainement, et tout s'effondre. Parfois, je suis tellement en colère, et j'ai envie de détruire tout le temps qui m'a animé et de le nier pour toujours. J'ai cru qu'on ne sentait rien quand l'amour nous quitte, alors j'ai cette sensation que tout va m'échapper. Que ça ne finira jamais ou plutôt que ça n'a jamais fini. Que si ça se trouve, tout ce répit je le rêve, depuis l'endroit le plus sombre.



# Posté le jeudi 04 juin 2009 18:19

Modifié le lundi 08 juin 2009 16:23

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