.Fake plastic trees .

 .Fake plastic trees  .

Je me souviens toujours de ces jours sombres. J'ai échappé à la vie.
Aujourd'hui la vie m'échappe, je n'entrevois la nuit que dans mes songes et les jours sont infinis. J'ai l'âme sombre, si tu savais. J'ai rencontré un homme blessé, il est comme moi, épris confusément du monde et de tout le monde. Te souviens-tu de ce long silence où j'ai compris que tout ce que j'ai je l'ai rêvé? Si tu veux je serai celle qu'il te manque, une substitution, et tu seras celui dont le manque fait rage sans que je ne l'avoue vraiment. Les tourments sont si complexes. Si emmélés. Et notre écorche sera plus vive encore, dans sept semaines, et ce jour où ils mourront nous deviendrons plus nostalgiques et plus fous, plus fous de douleur. Ce compte à rebours qui glace le sang. Elles regretteront tu le sais, et moi, oh moi aussi. Mais pas eux, pas eux.


Photo: Vendredi & Michael!


# Posté le lundi 10 août 2009 14:56

Modifié le mardi 11 août 2009 05:47

.Schism .

.Schism .

Claustrophobie intra-corporelle dans l'abîme du monde.
J'essaie en vain de me taire mais mon corps cède aux tourments qui m'excèdent.


Je ne supporte plus mes phrases toujours pareilles. Les fragments du temps durant lesquels je me sens différente se cristallisent en moi -comme tout le reste- et plus ils s'accumulent, moins j'ai de place dans ma tête pour les nouvelles choses. Alors je tente, je tente de rejeter tout ça quelque part, et j'ai tout à coup l'impression avec ces phrases de, finalement, n'avoir rien vécu de nouveau puisque le discours est toujours semblable au précédent. J'en reviens donc à la même question, cette lancinante, cette lassante -comme tout le reste- question. Je m'étouffe de questions. Je n'ai même plus envie de les écrire, alors les écrire là, encore moins. Je me sens de plus en plus étrangère à ce monde -encore. Vivre et persévérer ici, c'est comme publier un bon texte sur skyblog, c'est un cri dans le vide, quelque chose qui ne sera forcément pas compris, qui sera forcément mal interprété, jugé -sali. Je ne prétends aucunement avoir publié de bon texte, seulement d'avoir essayé. Je précise, comme il faut toujours préciser (car il faut bien dire que tout propos publié ici ne gagne pas à être subtil)
Je suis confrontée en ce moment à la plus totale incompréhension face à la notion de diplôme. Diplôme, diplômés, étudiants, ex-étudiants, ce genre de connerie. Incompréhension ou remise en question, comme d'habitude, quelque chose comme ça, face à l'incohérence. C'est surtout que j'ai pleuré, mais vraiment, sur moi-même. Oh oui je suis une victime. C'était de l'ironie, je le précise franchement car il le faut, ça n'éclairera pas davantage les idiots qui rôdent, mais enfin. Je ne vais pas revenir sur mon article précédent mais j'en suis encore là, et en plus je côtoie le summum du superficiel et de la vacuité tous les jours -comme vous tous. Je déplore des choses que je tente d'exposer mais ce serait mal interprété. Trop prétentieux. Je vous le dis carrément, j'ai des pensées réductrices à votre propos. C'est tellement prétentieux.
Conclusion incontournable.
J'avais tellement envie de laisser tomber cette idée fixe, ce monde de snobs élitistes nihiliste, mon but avant que je m'en aperçoive. Pendant plusieurs jours j'ai voulu arrêter mes études, travailler. Ah oui parce que je suis pire que fauchée et j'ai des tas de dettes pas possibles, c'est pesant. Je suis tellement une victime du système. C'était de l'ironie. Finalement j'ai rencontré quelqu'un diplômé en journalisme et en histoire qui vit en foyer, il a juste vingt-huit ans c'est tout à fait normal. Je ne sais pas où je veux en venir avec cette phrase. Je là laisse quand même ça fait genre je suis sociable, ça me plait, je suis si seule. Je précise que je ne vais pas préciser cette fois, ça me fatiguerait trop. Vous m'amusez tant, oh oui. Et puis bref je lis un livre tout à fait intéressant -plus que vous en tout cas. L'auteur a des préoccupations telles que la limite temporelle entre l'ère contemporaine et le post-modernisme en art ou l'imbrication de l'histoire contemporaine et de la production artistique avant-gardiste, ce que je trouve tout à fait digne d'intérêt, en tout cas plus que de travailler pour gagner de l'argent. Donc une sorte d'ambition (ambition ou espoir?) nouvelle m'envahit doucement. J'ai tellement envie de prendre part au débat, c'est étrange. Ca me soulagerait, j'ai trop la rage. La connerie m'excède, et quand je pense ça je me sens coupable. Et cette expérience récente m'a tout de même apporté une inquiétude supplémentaire, celle du juste milieu. Comment ne pas tomber dans la branlette intellectuelle, comment ne pas passer sa vie à, si ce n'est répondre, du moins chercher des éléments de réponse à des questions qui n'en n'ont pas. La beauté par exemple. Combien de thèses, combien de manifestes, combien d'écrits sur la question de la beauté? Qu'est-ce que la beauté? est une question difficile à théoriser. Mais là n'est pas le problème, ce genre de question a tendance à attiser les rouages de mon petit cerveau, surtout face à certaines réponses, or j'ai aussi du mal à réduire le recul que j'ai pour tout. Et d'un autre côté, si je n'écris plus beaucoup ici, outre le fait que certains ici me fassent chier, c'est surtout que j'ai de plus en plus de mal à décrire des sentiments, à supporter certaines phrases que je pense mais même au-delà, ce n'est plus pareil, je n'y arrive plus et ça me fait un peu chier aussi quand j'y pense.
Comment ne pas s'enfermer dans nos idées fixes?

# Posté le jeudi 30 juillet 2009 14:06

Modifié le jeudi 30 juillet 2009 15:05

.Jackson Dead .

.Jackson Dead .


Je ne sais plus, plus du tout quoi vous dire. Ces dernières semaines furent comblées d'espoirs, de certitudes et surtout de déceptions au point qu'aujourd'hui on se retrouve au même point qu'il y a un an, exactement. Comme si on n'avait rien fait pendant un an, sauf qu'on a fait des tas de choses et tout ça pour que dalle parce que voilà. Cherchez du bon sens autour de vous, vous n'en trouverez pas. Les gens sont cons, et j'ai la haine comme jamais. J'ai tellement la haine franchement que je me sens totalement vide, tout est si inconsistant. Je ne peux même pas concevoir que quelqu'un puisse foutre votre vie et votre travail en l'air comme ça, juste par pur manque de conscience professionnelle. J'aurais vraiment préféré que tout soit encore ma faute parce que c'est beaucoup moins décevant comme ça. Et surtout même si on échoue on se relève, mais réussir et se planter quand même à cause de quelqu'un ça c'est trop dur à gérer. Trop dur à encaisser. Quand on est dur avec soi-même je crois qu'on attend des autres qu'ils le soient aussi un minimum, avec vous et avec eux-mêmes, ca crée un certain équilibre. Et un an a passé. Un an.
L'élite est un cercle bien fermé et peuplé d'individus tellement conditionnés que ça me fait peur. Si tout s'arrange, j'aurais vu que même eux sont complètement formatés et vides. Alors je ne sais plus du tout vers quoi me tourner, quel rêve atteindre. J'ai juste envie d'arrêter tout de suite. C'est l'échec de trop. Je me sens replonger doucement mais surement, droit au fond. Tout est tellement absurde que je n'ai jamais eu tant envie de crever. Je n'en peux plus de ces petites cases bien fermées, de ce moule qu'on veut nous faire prendre, de tous ces petits connards qui se croient en droit de vous juger du haut de leur nullité. J'ai la phobie de la mort et du temps qui passe, je me sens piégée cette fois, j'ai pas choisi c'est ça qui me tue. Tout me dépasse et tout m'échappe, j'ai plus de certitudes alors j'ai plus rien, je suis paralysée. J'ai juste envie d'aller me coucher et de me réveiller quand mon corps aura tout arrangé, j'ai plus la force mentale de me battre, le système, il n'a pas de faille, aucune, il nous englobe et nous bouffe les uns après les autres. On devrait tous s'arrêter quand le but ultime est atteint. J'aurais mieux fait de crever l'année dernière, c'était trop parfait.




# Posté le lundi 13 juillet 2009 17:17

Modifié le lundi 13 juillet 2009 17:27

."Le raffinement ne se cache pas dans la faiblesse, dans la pusillanimité, mais réside dans la fermeté et la nette résolution" .

."Le raffinement ne se cache pas dans la faiblesse, dans la pusillanimité, mais réside dans la fermeté et la nette résolution" .


Je vais devoir écrire par fragmentation. Parce que je ne recois plus que des fragments d'indignation. Des fragments d'implosion. Des fragments d'overdose. Et beaucoup trop d'amour pour tant de fragments. Si peu de consistance. Je me sens toujours emplie de toutes ces choses. Mais elles sont devenues transparentes. Elles s'insinuent incidieusement. C'est précieux, d'être conscient de cette visquosité qui coule dans mes veines et s'installe au plus profond de mes tripes. Les tordent si fort de temps à autres. Pour que je n'oublie pas. Ne surtout pas oublier l'immensité du temps à me perdre en t'attendant.

On mesure le temps. Tout ce temps qui nous a changé, transformé. Le temps à vivre et à se dire chaque jour que tout ça n'a peut-être pas de lendemain. Que si ça se trouve on avait fini par devenir fou et on hallucine tout ce qu'on croit vivre. Les pires choses qu'on ait fait souvent défoncés pour intenter misérablement à nos vies, le toit, fragile certes, mais idéal pour mater les étoiles et ressentir la fraicheur de la nuit un peu plus fort, les somnifères, un peu trop nombreux pour guérir des nuits bien trop longues et bien trop claires, les effets secondaires, les routes où le hasard des rues et du danger ont décidé de notre survie durant toutes les secondes où on a voulu s'allonger là, juste s'arrêter un peu, s'arrêter de vivre. Faire autre chose. Mais quoi?
Tout mettre sur pause ce n'est qu'une métaphore de la mort, on était bien vivants et bien trop naïfs aussi. Et on ne se rend plus toujours compte des choses potentiellement dangereuses pourtant évidentes. Et tout cet égocentrisme. Ces blogs. On se cache derrière des faux sentiments, des fausses expériences en espérant se donner une valeur qu'on n'a que dans notre esprit. Un peu comme l'impression quasi-constante des esprits perturbés, je crois, que quelqu'un nous regarde et nous suit, nous juge. Je me demande d'où ça vient, ça. C'est surement notre regard sur nous mêmes, tellement trop présent. Notre esprit. Le seul endroit où on est compris, la seule compréhension de la légitimité de nos actes. Notre esprit est celui qui comprend tout, qui excuse tout parce qu'il sait. Les autres même s'ils nous aiment ne peuvent pas aller aussi loin que ça. Lui est impartial et ne possède pas cet ego qui voile la réalité. C'est en quelque sorte notre référence, un repère, un point de comparaison. L'unique point de chute en cas de repli. Mais qui ne nous apprend rien. Et les autres, parfois, croient pouvoir nous tromper juste par pur manque de révolte. C'est tellement facile de dire aux autres qu'on se dégoûte tellement, alors qu'on s'aime tellement que ça nous dégoûte, ce qui est totalement différent. On croit cacher des causes en exposant des conséquences imaginées. C'est vrai que la race humaine est assez fantastiquement répugnante au regard de tous ces dogmes qu'on a en tête et qui ignorent systématiquement la nature humaine. On a honte d'être vrai alors on fait semblant d'être plus vrai aux yeux des gens qui ne peuvent pas nous voir et juger notre nature. Mais avoir conscience de tous les changements à l'intérieur de nous, et ce constamment, c'est probablement la base de toute compréhension. On peut bien nier l'évolution en croyant que les autres ne vont rien remarquer. On peut bien se faire croire que nous on n'a pas changé en se croyant supérieur, alors que c'est juste la pire forme d'abandon et que ça n'a strictement rien de remarquable, parce que c'est tellement facile de se laisser crever sans même une raison. Mais faire un pas, un vrai, que ce soit vers la vie ou vers la mort, c'est surement plus notable que les faux semblants et les mensonges, et ce n'est certainement pas pour ceux qui sont restés plantés là, à attendre de se faire plaindre encore un peu. Je dis bravo à tous ceux qui tentent quelque chose.

# Posté le jeudi 18 juin 2009 16:26

Modifié le jeudi 18 juin 2009 16:40

.Narcoleptic .

 .Narcoleptic .


Il fait sombre à l'intérieur et ce n'est pas l'heure de la lumière qui tombe des étoiles. Alors je suis là. Tentant assidûment de noircir une page immaculée. Je suis toute seule avec la musique, nostalgique. Et je saisis enfin quelque chose. Je repensais à la vie d'il y a quelques années encore, pas très loin, mais suffisamment pour me sentir beaucoup trop pleine d'anciennes images. Et la musique est analogique. Ca ne colle pas. C'est une sensation étrange que de réintégrer son corps l'espace de quelques secondes, enfin, et j'étais ailleurs, j'ai oublié où j'étais, mais il y avait cette sonorité du présent, la musique qui me transperce tous les jours à cause du passé. En fait, ce n'était pas la musique qui me bouleversait tant avant, c'était la vie. Mon lien avec elle s'étrique. Il n'existe plus rien d'elle parce qu'elle nous a tous propulsés vers l'abîme, nous a abîmés, et ce qui aurait pu être mon dernier lien, le temps l'a transformé en une vision qui ressemble à mes cauchemars. Je ne reconnais même plus mes parents, au point que j'ai beau les avoir devant moi, je ne les vois pas et je continue de les chercher, le temps me les a pris. Je me sens orpheline. Et franchement je ne sais pas ce qui peut faire plus mal que ça. C'est le pire effet secondaire que j'aurais pu craindre. On peut bien revenir sans cesse au même point, sans cesse rechercher dans les plus profonds recoins, un peu de souvenirs, un peu de compréhension, ça ne mène nulle part. La conclusion à tout ça c'est la même depuis le début, quand on a tout enfoui, c'était juste déjà fini et on peut se torturer pour que tout nous revienne, ça fait juste mal et ça ne fera rien changer.
J'essaie encore d'écrire mais je ne parviens plus à lutter contre quoi que ce soit alors j'ai perdu quelque chose, une inspiration. C'est juste que ça ne me fait plus avancer, ça ne me tient plus en vie. J'ai trouvé autre chose. Et je voudrais juste pouvoir pleurer tout de suite avant d'être en colère, de me sentir dévastée et de vouloir que tout le soit, cesser de craindre le changement sans rupture nette. L'accumulation de choses importantes qu'on a laissé passer en croyant que ce n'était rien, et qui détruisent tout à force de perforer nos corps inanimés. Le pire c'est quand on ne sent rien. Quand on ne voit rien venir et que désormais, tout mouvement de défense sera vain. Qu'on ne contrôlera plus rien de notre putain d'existence, pas même la chute, qu'on n'avait même pas imaginé comme ça dans nos pires moments de vides. Je me sens à la fin, d'une histoire que j'aurais pu changer moi-même si j'avais été différente. Si j'avais su.
Je ne sais même plus à qui en vouloir. Il ne reste que moi, ma tête seule garde et me rend parfois mes souvenirs. J'ai presque peur d'apprendre de nouvelles choses, j'ai peur de tout oublier, j'ai peur que la vie nouvelle prenne le dessus. Alors j'ai peur tout le temps parce qu'elle m'entoure tout le temps, me fait sourire, me fait plaisir, et je me reconstruis peu à peu, je le crois, et ensuite il y a cette seconde qui arrive et tout bascule toujours soudainement, et tout s'effondre. Parfois, je suis tellement en colère, et j'ai envie de détruire tout le temps qui m'a animé et de le nier pour toujours. J'ai cru qu'on ne sentait rien quand l'amour nous quitte, alors j'ai cette sensation que tout va m'échapper. Que ça ne finira jamais ou plutôt que ça n'a jamais fini. Que si ça se trouve, tout ce répit je le rêve, depuis l'endroit le plus sombre.



# Posté le jeudi 04 juin 2009 18:19

Modifié le lundi 08 juin 2009 16:23