."Le raffinement ne se cache pas dans la faiblesse, dans la pusillanimité, mais réside dans la fermeté et la nette résolution" .

."Le raffinement ne se cache pas dans la faiblesse, dans la pusillanimité, mais réside dans la fermeté et la nette résolution" .


Je vais devoir écrire par fragmentation. Parce que je ne recois plus que des fragments d'indignation. Des fragments d'implosion. Des fragments d'overdose. Et beaucoup trop d'amour pour tant de fragments. Si peu de consistance. Je me sens toujours emplie de toutes ces choses. Mais elles sont devenues transparentes. Elles s'insinuent incidieusement. C'est précieux, d'être conscient de cette visquosité qui coule dans mes veines et s'installe au plus profond de mes tripes. Les tordent si fort de temps à autres. Pour que je n'oublie pas. Ne surtout pas oublier l'immensité du temps à me perdre en t'attendant.

On mesure le temps. Tout ce temps qui nous a changé, transformé. Le temps à vivre et à se dire chaque jour que tout ça n'a peut-être pas de lendemain. Que si ça se trouve on avait fini par devenir fou et on hallucine tout ce qu'on croit vivre. Les pires choses qu'on ait fait souvent défoncés pour intenter misérablement à nos vies, le toit, fragile certes, mais idéal pour mater les étoiles et ressentir la fraicheur de la nuit un peu plus fort, les somnifères, un peu trop nombreux pour guérir des nuits bien trop longues et bien trop claires, les effets secondaires, les routes où le hasard des rues et du danger ont décidé de notre survie durant toutes les secondes où on a voulu s'allonger là, juste s'arrêter un peu, s'arrêter de vivre. Faire autre chose. Mais quoi?
Tout mettre sur pause ce n'est qu'une métaphore de la mort, on était bien vivants et bien trop naïfs aussi. Et on ne se rend plus toujours compte des choses potentiellement dangereuses pourtant évidentes. Et tout cet égocentrisme. Ces blogs. On se cache derrière des faux sentiments, des fausses expériences en espérant se donner une valeur qu'on n'a que dans notre esprit. Un peu comme l'impression quasi-constante des esprits perturbés, je crois, que quelqu'un nous regarde et nous suit, nous juge. Je me demande d'où ça vient, ça. C'est surement notre regard sur nous mêmes, tellement trop présent. Notre esprit. Le seul endroit où on est compris, la seule compréhension de la légitimité de nos actes. Notre esprit est celui qui comprend tout, qui excuse tout parce qu'il sait. Les autres même s'ils nous aiment ne peuvent pas aller aussi loin que ça. Lui est impartial et ne possède pas cet ego qui voile la réalité. C'est en quelque sorte notre référence, un repère, un point de comparaison. L'unique point de chute en cas de repli. Mais qui ne nous apprend rien. Et les autres, parfois, croient pouvoir nous tromper juste par pur manque de révolte. C'est tellement facile de dire aux autres qu'on se dégoûte tellement, alors qu'on s'aime tellement que ça nous dégoûte, ce qui est totalement différent. On croit cacher des causes en exposant des conséquences imaginées. C'est vrai que la race humaine est assez fantastiquement répugnante au regard de tous ces dogmes qu'on a en tête et qui ignorent systématiquement la nature humaine. On a honte d'être vrai alors on fait semblant d'être plus vrai aux yeux des gens qui ne peuvent pas nous voir et juger notre nature. Mais avoir conscience de tous les changements à l'intérieur de nous, et ce constamment, c'est probablement la base de toute compréhension. On peut bien nier l'évolution en croyant que les autres ne vont rien remarquer. On peut bien se faire croire que nous on n'a pas changé en se croyant supérieur, alors que c'est juste la pire forme d'abandon et que ça n'a strictement rien de remarquable, parce que c'est tellement facile de se laisser crever sans même une raison. Mais faire un pas, un vrai, que ce soit vers la vie ou vers la mort, c'est surement plus notable que les faux semblants et les mensonges, et ce n'est certainement pas pour ceux qui sont restés plantés là, à attendre de se faire plaindre encore un peu. Je dis bravo à tous ceux qui tentent quelque chose.

# Posté le jeudi 18 juin 2009 16:26
Modifié le jeudi 18 juin 2009 16:40

.Narcoleptic .

 .Narcoleptic .


Il fait sombre à l'intérieur et ce n'est pas l'heure de la lumière qui tombe des étoiles. Alors je suis là. Tentant assidûment de noircir une page immaculée. Je suis toute seule avec la musique, nostalgique. Et je saisis enfin quelque chose. Je repensais à la vie d'il y a quelques années encore, pas très loin, mais suffisamment pour me sentir beaucoup trop pleine d'anciennes images. Et la musique est analogique. Ca ne colle pas. C'est une sensation étrange que de réintégrer son corps l'espace de quelques secondes, enfin, et j'étais ailleurs, j'ai oublié où j'étais, mais il y avait cette sonorité du présent, la musique qui me transperce tous les jours à cause du passé. En fait, ce n'était pas la musique qui me bouleversait tant avant, c'était la vie. Mon lien avec elle s'étrique. Il n'existe plus rien d'elle parce qu'elle nous a tous propulsés vers l'abîme, nous a abîmés, et ce qui aurait pu être mon dernier lien, le temps l'a transformé en une vision qui ressemble à mes cauchemars. Je ne reconnais même plus mes parents, au point que j'ai beau les avoir devant moi, je ne les vois pas et je continue de les chercher, le temps me les a pris. Je me sens orpheline. Et franchement je ne sais pas ce qui peut faire plus mal que ça. C'est le pire effet secondaire que j'aurais pu craindre. On peut bien revenir sans cesse au même point, sans cesse rechercher dans les plus profonds recoins, un peu de souvenirs, un peu de compréhension, ça ne mène nulle part. La conclusion à tout ça c'est la même depuis le début, quand on a tout enfoui, c'était juste déjà fini et on peut se torturer pour que tout nous revienne, ça fait juste mal et ça ne fera rien changer.
J'essaie encore d'écrire mais je ne parviens plus à lutter contre quoi que ce soit alors j'ai perdu quelque chose, une inspiration. C'est juste que ça ne me fait plus avancer, ça ne me tient plus en vie. J'ai trouvé autre chose. Et je voudrais juste pouvoir pleurer tout de suite avant d'être en colère, de me sentir dévastée et de vouloir que tout le soit, cesser de craindre le changement sans rupture nette. L'accumulation de choses importantes qu'on a laissé passer en croyant que ce n'était rien, et qui détruisent tout à force de perforer nos corps inanimés. Le pire c'est quand on ne sent rien. Quand on ne voit rien venir et que désormais, tout mouvement de défense sera vain. Qu'on ne contrôlera plus rien de notre putain d'existence, pas même la chute, qu'on n'avait même pas imaginé comme ça dans nos pires moments de vides. Je me sens à la fin, d'une histoire que j'aurais pu changer moi-même si j'avais été différente. Si j'avais su.
Je ne sais même plus à qui en vouloir. Il ne reste que moi, ma tête seule garde et me rend parfois mes souvenirs. J'ai presque peur d'apprendre de nouvelles choses, j'ai peur de tout oublier, j'ai peur que la vie nouvelle prenne le dessus. Alors j'ai peur tout le temps parce qu'elle m'entoure tout le temps, me fait sourire, me fait plaisir, et je me reconstruis peu à peu, je le crois, et ensuite il y a cette seconde qui arrive et tout bascule toujours soudainement, et tout s'effondre. Parfois, je suis tellement en colère, et j'ai envie de détruire tout le temps qui m'a animé et de le nier pour toujours. J'ai cru qu'on ne sentait rien quand l'amour nous quitte, alors j'ai cette sensation que tout va m'échapper. Que ça ne finira jamais ou plutôt que ça n'a jamais fini. Que si ça se trouve, tout ce répit je le rêve, depuis l'endroit le plus sombre.



# Posté le jeudi 04 juin 2009 18:19
Modifié le lundi 08 juin 2009 16:23

.Obscurity .

.Obscurity .


Les examens ayant été décalés la veille des épreuves à chaque fois, les révisions auxquelles je m'attache depuis des semaines et des semaines par conscience et angoisse commencent vraiment à être indigestes, pour ne pas dire lassantes, j'en ai marre et même du Caravage que j'adule si le terme est envisageable. Les épreuves portant sur l'art n'ayant lieu que dans une semaine j'ai un besoin irrépressible de sortir enfin quelque chose de mon crâne overdosé d'images, de dates et d'histoires de toutes sortes. Je n'en peux plus, et pourtant il faut que je continue parce qu'il y a toujours quelque chose qu'on ne sait pas et c'est forcément ça qui nous manquera pour réussir, enfin c'est mon esprit paranoïaque qui me balance ça alors que je me sentais déjà prête il y a un mois, et maintenant, je sais que j'en savais beaucoup moins il y a un mois et que dans un mois j'en saurai beaucoup plus, par conséquent, comme vous le savez, on n'est jamais vraiment prêt pour ces putains d'examens. Je sais, j'ai l'air un peu azimutée et je le confirme, toutes les lignes précédemment rédigées se résument en une simple phrase: bordel de merde fait chier quoi merde. Mais il faut que j'évacue plus de choses que ça, les épreuves d'histoire ne m'ayant pas suffit et l'anglais encore moins. Le prof d'anglais nous a donné une épreuve de taré donc je suis foutue. Mais je me mets aussi à la place des gens qui partagent ma vie et qui n'en ont pas spécialement grand chose à foutre de mes états d'âmes franchement lassantes au bout d'un moment et que je ne veux pas leur infliger, par conséquent, c'est vous qui vous y collerez. Quoi d'autre. Il faut que j'ajoute que l'hypocrisie de certains gens me va droit au cœur en ce moment et que c'est dommage pour eux. De plus il fait beau, ce qui m'emmerde parce que ma petite personne révise, et quand il pleut, cela m'emmerde aussi parce que c'est justement là que ma petite personne voulait sortir. Ainsi (remarquez l'emploi de nombreux mots de liaison que je tente également d'évacuer de ma tête depuis l'épreuve d'histoire d'hier), je pète un plomb. Ca ne se voit pas à l'extérieur, mais ma petite personne souffre à l'intérieur de sa situation actuelle. Dernièrement, je me suis essayée à l'insinuation de mon esprit à un autre monde, celui de Warcraft les amis. Eh oui oui oui. Ainsi Paradeigma, prêtresse morte vivante level 50, se promène et tue des monstres. Ca ne défoule absolument pas. En revanche, ma petite personne bien réelle est confrontée à toutes sortes de fautes d'orthographe du type « ken es ke vs parté » et c'est extrêmement frustrant. D'ailleurs Word se lâche sur les soulignages vagues rouges, tout frustré qu'il est lui aussi. Lui et moi on se comprend. J'ai envie de tuer ma petite personne toute souffrante qu'elle est ces temps-ci. En plus, je n'ai plus d'argent, et je dois vendre mon ordinateur portable léger et qui porte le prénom d'Oscar. Je retourne étudier Pétrus Christus.

Je vous incite à admirer l'illustration de ce merveilleux et palpitant article. Pour ceux que ça intéresse c'est un détail tout spécifique d'une sculpture du Bernin, l' Enlèvement de Proserpine, absolument démentiel d'où sa spécificité. Admirez la main qui s'enfonce dans la peau, en l'occurence la pierre, le marbre, poli encore et encore jusqu'à atteindre ce paroxysme de sensualité. Admirez ou je vous aime plus.
# Posté le vendredi 29 mai 2009 10:46

. - Fuckin' Bad Night - .

.  - Fuckin' Bad Night - .


Le 04 Mai, 21h19-

J'aime ça. La grande gare déserte d'humanoïdes en retard. La gare vide et un train emportant les derniers voyageurs dans un souffle silencieux. C'est une agréable sensation de se retrouver quasi-seule dans un endroit comme ça. Pourtant, c'est juste une gare, mais celle-çi illustre une histoire et possède une sorte d'âme, de battement de coeur qu'on sent palpiter tout contre le nôtre quand on a le privilège de ne voir qu'elle. Alors j'ai pris mon temps, et j'ai rejoint la barrière bleue devant le quai n°4. C'est bien aussi quand on a le temps, mais pas trop, juste assez pour sentir l'instant nous traverser. Et puis j'ai attendu sous la grande halle de fer et je l'ai regardée comme si c'était la première fois. Ou la dernière. J'ai pensé au temps où ce lieu là m'était si familier que j'étais devenue l'humanoïde en retard trop excécrable et je m'ennuyais de la vie. Je m'ennuyais tellement. Ca m'arrive encore parfois parce que je ne peux pas donner tout mon temps et mon attention à quelque chose en particulier. C'est peut-être triste, mais je ne sais pas encore. Si c'est triste je changerai et je ne deviendrai toujours personne. J'ai regardé aussi les rails, et j'ai suivi leur cheminement le plus loin qu'il m'était possible et j'ai vu l'horizon gris. Alors j'ai regardé l'heure et l'instant était fini. J'ai regardé de nouveau vers l'horizon et les phares du train l'ont éclairé et j'ai souri. Le train est arrivé devant moi, voie 4, et j'ai entendu le bruit des freins, les portes qui s'ouvrent, les humanoïdes bruyants et pressés. Et toi. J'avais encore de quoi sourire, et ensuite tout le reste s'est dilué et je souris encore.
J'ai une sorte de poésie dans ma tête et un immense tourbillon noir dans le thorax.

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# Posté le samedi 18 avril 2009 18:54
Modifié le lundi 18 mai 2009 06:34

. - Orchid -.

.  - Orchid -.


Society, you're a crazy breed.
I hope you're not lonely, without me.

When you want more than you have, you think you need...
And when you think more then you want,
Your thoughts begin to bleed.
I think I need to find a bigger place...
Cause when you have more than you think,
You need more space.








Est-ce que les poissons dorment ?


Je me souviens, il y a trois-quatre ans. J'habitais encore là où sont restés la totalité de mes bons souvenirs. Ma chambre par exemple, j'adorais ma chambre voyez-vous. Je sais que ça à l'air con de le dire, peut-être que c'est évident qu'on aime sa chambre, surtout lorsqu'on est adolescent, mais le fait est qu'il faut que je le signale. Ma chambre, c'était moi, c'était vraiment un truc spécial ce qui me liait à elle. J'ai oublié comment elle était, en partant. Elle et tout le reste est quelque part, dans une case fermée de mon cerveau. En fait j'ai tout oublié ce qui s'est passé, et je continue certains jours. La semaine dernière, j'avais même oublié le nom du chien, ca fait peur. Et, pour en revenir à mon premier propos, je me souviens d'un vendredi soir où je m'étais passionnée pour une étude scientifique sur le cerveau, justement. Enfin ce n'est pas l'étude, c'était plutôt le cerveau en lui-même que je trouvais fascinant. Cette soirée là je ne l'oublie pas, malheureusement c'est peut-être le souvenir qui reste le plus vif. D'un seul coup j'ai pensé ce que j'avais toujours su au fond, que c'était ça ma vie, je trouvais ça tellement fascinant le corps humain, la génétique, tout ce qui se fait tout seul de façon parfaite. Enfin j'aurais du mal aujourd'hui à décrire cette passion que j'avais depuis toujours. Pour finir, au vu de là où j'en suis maintenant, j'aurais du mal à me fier à moi-même en matière de passion. Alors j'évite de me plonger dans un truc à corps perdu, par réflexe, et croyez-le n'importe qui ferait la même chose. C'est parfois difficile, particulièrement lorsque vous êtes dans une période « eh mais en fait il me reste cinq jours pour faire un dossier sur l'œuvre de Klimt ! » et qu'il vous faut vous plonger à corps perdu dans un truc histoire de finir à temps. Cinq jours, c'est faisable si on ne fait que ça. Alors figurez-vous que j'étais déjà foutue lundi soir, et cette nuit je l'ai passée avec des tas d'images dans la tête et des tas de pensées à ajouter à mon dossier, j'en viens même à me demander comment j'ai pu vivre en ignorant l'œuvre de Gustav Klimt, et vous, ne faites pas semblant de connaitre. On ne connait pas l'œuvre de Klimt seulement parce qu'on en a vu une sur une jolie affiche publicitaire ou une revue porno.
Je sais c'est prétentieux.

J'aimerais bien me plonger à corps perdu dans quelque chose, et il le faudra bien si je me décide à poursuivre mes études jusqu'au bout en ne faisant pas semblant de m'en foutre. Mais alors que serais-je devenue ? Bon.
Alors voilà à quoi j'ai réfléchi cette nuit. Je pense à tout ça systématiquement si tu poses ton bras sur moi dans la nuit et que je ressens la même chose qu'il y a un an et demi déjà. C'est difficile de ressentir la même chose après autant de temps, et ca se produit de nouveau. C'est ce même sentiment qui m'accroche à quelques cigarettes, à ma musique, à ce blog aussi et à toutes les raisons qui me poussaient vers le fond ou à toutes les raisons que je ne trouvais pas pour remonter. Et puis ma petite case se déverrouille lentement. C'est étrange, je ne me souviens que des jours d'été. En même temps, mes meilleurs souvenirs repartent de la première nuit où j'ai dormi dans tes bras dans le lit pas très grand, toute habillée, en essayant de ne pas tomber sans non plus m'accrocher à toi. C'est comme si j'avais vécu deux vies séparées d'un grand vide, le jour ou j'ai arrêté de vivre la première fois, je n'en connais pas la date mais avec du recul les limites paraissent nettes. Je me demande pourquoi je préfère la pluie et la nuit au soleil et au jour, alors que lorsqu'il fait beau je revis littéralement. Et si je continue de me pousser jusqu'à l'état paroxystique dans les deux directions, pour sur je deviendrai folle.




# Posté le samedi 11 avril 2009 08:20
Modifié le samedi 11 avril 2009 12:19