C'est simple. Tout est extrêmement complexe mais hélas, tout est simple. J'ai l'impression que tout ce qu'il y a dans notre vie est désespérément simple et tout ce qui en moi est compliqué, hormis cette phrase, n'a pas lieu d'être pour les autres. On ne m'écoute pas, on ne saisit pas ce que je ressens, moi non plus d'ailleurs, ce que je ressens n'entre pas dans vos cases, pas dans les tiennes, pas dans celles que je dois m'imposer, des mots à ne pas dire, pas le droit d'y penser, se faire taire, se faire mal, écrire clandestinement, écrire pour ne rien dire, écrire tout bas, comme ça, et se taire. Je suis lasse. Ici ça devient vide, j'écris vos maux, les miens sont cachés, je m'en veux tellement de mal penser. Trop peur de faire mal ou de blesser, parce que j'aime, j'aime tout, tout ce que vous ne voyez pas je l'aime, vous ne pouvez pas imaginer comme je vous aime, tous, en secret, parce qu'il doit y avoir des doses, des plus, des moins, pour toujours ou à jamais, c'est comme ça qu'il faut aimer. Ce que je suis c'est contre-nature. Le ressenti dépasse le monde entier, vous me faites chier. Tout ça aussi, trop loin le temps où j'avais le temps de lire, ou plutôt trop loin le temps où ce qu'on écrivait était intéressant, ou utile, ou j'en sais rien, mais aujourd'hui je suis lasse de chercher, je suis lasse de juger ce qui vient à moi, je reste toujours sur les premiers endroits et ceux-çi s'éteignent un à un. Ecrire c'est un cri dans le vide. Et plus je continue plus je stoppe, tout ce que j'écris ne devient qu'une chose matérielle qui se retrouve projetée quelque part dans un néant pire que ma tête, votre monde, vos existences, jugé par vous, ça me fait chier, c'est inutile pour moi, c'est devenu un but, celui que vous lui donnez et qui ne sera jamais le mien, j'ai tellement de choses à dire mais plus le temps me manque et plus j'en perds l'envie. Quoi que j'écrive ce sera mal compris, mais réellement, donc quel interêt? Pourquoi ne pas plutôt parler, parler dans le noir, aux seules personnes qui occupent constamment mes pensées, leur dire que je les aime, dire ce que je ressens, essayer de me faire comprendre, essayer de dire les choses comme il faut, sans ambiguité, sans double sens... Parler, sans que ça implique de se taire d'un autre côté, est impossible. Aujourd'hui, une promesse faite à quelqu'un est une promesse infaisable à quelqu'un d'autre, c'est mal de promettre deux choses semblables à deux personnes, comme si on ne pouvait pas agir comme on a envie pour deux personnes en même temps, sous peine de perdre les deux. Ou les trois, ou tout finallement. Ca me fait chier. Assumer quelque chose de fort, ce qui fait de moi une autre, cette chose doublement contre-nature, paradoxale, insatisfaite et tellement écoeurante, implique forcément de faire taire cette autre partie de moi, l'originelle, tentée par tout ce qui est destructeur mais tellement bon à vivre, tellement trépidant, tellement tout. Je voudrais que les choses soient simples, tout ce que je fais est chiant, simple, et tout ce que j'ai de plus précieux c'est lui, c'est vous, c'est vous regarder, c'est comprendre pourquoi vous agissez ainsi, comme moi, droit dans le mur.




